Deux années vont passer et Joseph reste en cage Quand Pharaon rêva de sept vaches très belles, Paissant au bord du Nil un abondant herbage ; Sept autres nées du fleuve arrivent auprès d'elles,
Maigres, chétives, nues, dévorant les premières. Pharaon se réveille, agité se rendort ; Voilà qu'il rêve encor : sept épis pleins et fiers Poussent sur une tige en prélude aux blés d'or.
Mais sept autres épis, maigres, brûlés au vent, Engloutissent alors les sept épis splendeur. D'Égypte aucun devin n'interprète ou pressent, C'est là que l'échanson se souvint du conteur.
Il dit à Pharaon qu'un jeune esclave hébreu, Enfermé en sa geôle, a su lire en ses rêves ; Lors on court le quérir. Se référant à D-ieu, Joseph annonce alors sept années bien trop brèves.
Une fécondité que sept ans de disette Vont venir consumer en immense gâchis ; Pharaon est séduit, il le met à la tête De l'Égypte et le fait vice-Roi du pays.
A quelques lieues de là, la sécheresse brûle Récoltes et troupeaux de Jacob et ses fils. Les dix frères alors prennent chacun leur mule Pour se rendre en Égypte où leur histoire se tisse.
Joseph les reconnaît mais pas un n'imagine Ce glorieux vice-Roi en leur frère perdu ; Mais ils ont bien changé, protégeant Benyamine Le frère de celui qu'un jour ils ont vendu.