Les remords, les regrets m’ont pris mon espérance, Un désarroi profond l’a désarticulée, Habillant mes regards d’un loup d’indifférence : Sans volonté, vaincue, je ne sais où aller…
Aux rets de Février où mon esprit s’amarre, Écartelant le temps aux fers de mon destin, L’amour s’est dissipé sur le quai d’une gare Alors, qu’en le brouillard, soupirait le tocsin.
Épuisée et transie, je ne fus plus moi-même Et la moue accablée de ceux qu’on a bannis, Toute à mon désespoir, j’ai ouï qu’un requiem Chassait tous mes oiseaux assourdissant les nids.
Je me souviens de mots qui ont brûlé mon âme, Fertilisant ma vie de sentiments précieux ; Mais, empli de froideur, quand s’éteignit la flamme, Mon cœur a débordé et j’ai maudit les cieux.
Si j’ai cherché longtemps juste un peu de tendresse Et blessé mes souliers aux cailloux des chemins, J’aurais voulu sentir avant qu’y apparaissent Des rides, des baisers dans le creux de mes mains.