A mon seul désir
Dans l'éther moderne où les mots sont volages,
S'évanouissant dans les réseaux, les âges,
Mon âme, en secret, un refuge a trouvé,
Où la plume danse, ce poème levé.
Adieu, courriels froids, messages éphémères,
Vos écrans ternissent nos visions premières.
La feuille et l'encre, instruments souverains,
Redonnent aux songes leurs éclats incertains.
Un courrier, trésor ou déchet solitaire,
Porte en lui l'écho d'un cœur, d'une prière.
Mais dans ce réseau vaste, océan bruissant,
L'intime se noie, en silence glissant.
Cette nuit, mon cœur, tel un poète ardent,
A voulu te dire un rêve, un sentiment.
Dans l'incohérence d'un instant précieux,
Ma plume a tracé des chemins sinueux.
J'étais prisonnier de prisons désagréables
Où les marches, spectres, étaient infranchissables.
Mais dans mes songes, une fée est apparue,
Beauté sidérale, elle m’était revenue.
Sa peau, blanche aurore, ses cheveux de lumière,
M'aveuglaient, soleils dans une nuit entière.
Ses yeux, noirs éclairs, me clouaient sur place,
Mais sa main tendue a brisé mon impasse.
Guidé par sa grâce, j'ai quitté l'escalier,
Et la fée, licorne, a su me ramener.
Sur son dos d'écume, au pays des humains,
Elle a disparu, laissant mes rêves vains.
Et toi, tu étais là, dilemme étrange et doux,
Devais-je oublier ce rêve, ce courroux ?
Avais-je promis de ne plus voir l'idéal,
De renier l'écho d'un amour initial ?
Condamné serais-je à te frôler sans te voir,
À poursuivre un mythe, un éternel espoir ?
Aux frontières floues de l'enfance et de l'âge,
Mon cœur hésitait, prisonnier d'un mirage.
Devais-je, en adulte, étouffer ce désir,
Ce sentiment pur, ce tendre souvenir ?
Mais dans le brouillard, mon cœur a décidé,
Et dans cet amour, je me suis abandonné.
Plus rien ne me trouble, car je t'aime, c'est fait,
Mon âme est sereine, mon destin est parfait.
Protégé je suis par cette fée sublime,
Qui, dans mes songes, enlace mon intime.
Nos esprits, liés, traversent la distance,
Et dans le silence, nos âmes font alliance.
Je te vois, je t'entends, tes lèvres, ton parfum,
Caressent ma peau, en un baiser défunt.
Qui es-tu, fée ou licorne, mon désir ?
À cette question, mon cœur veut s'assouvir.
Voilà mes pensées, mes rêves, mon émoi,
Que ma plume a su tracer, sans aucun effroi.
Je te les confie, sans chercher de raison,
Car l'amour, l'émotion, n'ont pas de prison.
Te toucher, te goûter, t’entendre, te sentir
Te voir, font de toi ma dame, « A mon seul désir »