Œillet du Japon
Tu as un astre pour drapeau,
Pauvre et peu fertile est ton sol,
Fait de volcans entourés d´eau,
Saké a pour nom ton alcool
Savourant l´enivrant breuvage,
Il m´entraîne dans de doux rêves,
A travers le temps et les âges,
Là où le Soleil se lève
Alangui sur le tatami,
Au milieu de joyeux amis,
Aux yeux légèrement bridés,
Dans une ambiance débridée
Soudain, venu d´ailleurs surgissent,
Par milliers des idéogrammes
Ils prolongent le maléfice,
Et m´enveloppent de leurs charmes
Dans leur ballet ils dessinent,
Des figures et des arabesques,
Et d´autres formes pittoresques,
Qui m´envoûtent et me fascinent
Avec délice dans un onsen,
Je m´abandonne à la paresse
D´une volupté enchanteresse,
Au son lointain du shamisen
En tailleur, assise par terre,
Dans son yukata d´apparat,
Une beauté nippone paraît,
Dans ce lieu empli de mystère
Comme sortie de quelque estampe,
En kimono près de la lampe
S´approche de moi la Bijin,
Véritable image divine
Frôler son cou de porcelaine,
Me noyer dans ses yeux d´ébène,
Quand la porte en papier se clôt,
Sur mes fantasmes orientaux
Et quel plus beau panorama,
Que ses paupières qui se closent,
Comme le Soleil se repose
Derrière le Fuji Yama