Sur un miroir brumeux, j’ai revu les années, Les saisons oubliées de nos métamorphoses, Les tumultes d’amour dans les chambres hantées Quand les vents de la mer sifflaient en virtuose,
Des coeurs abandonnés dans des châteaux d’abîme Et l’écho de ces voix qui ne reviendront plus, Des étoiles blessées par des spectres griffus Dans la forêt malade au destin de victime,
Des soleils en cendres sous la glace fatale Où glissaient nos espoirs à jamais révolus, Des masques sidérés dans les rues infernales Où nous suivions, amants, nos rêves éperdus,
Il fallait au désert renverser nos idoles, Ces reflets magnifiés de nos egos difformes, Ecouter par-delà nos futiles paroles Le verbe fabuleux d’où jaillirent les formes.