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Jean-Michel BOLLET
Laissons sécher les murs
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Jean-Michel BOLLET
Laissons sécher les murs
Soyons plus long, faisons moins court ;
Laissons sécher les murs de plâtre
Et sortons pour suivre le cours
D’un beau ruisseau d’humeur folâtre
Qui gambade dans ses galets
Enervé par la mousse lisse
Tapie au fond de son palais
Sur laquelle avec lustre il glisse.
Ne le quittons pas de nos yeux
Quand il va prendre le virage
Situé toujours en ces lieux
Aussi fabuleux qu’un mirage.
Voyez comme il s’est arrêté
Pour abreuver le paysage
Qui par bonté lui a prêté
La fraîche beauté d’un bocage.
Il s’est assombri dans un bois
Et dans le pré vert, il s’éclaire
Sous la lumière qui le boit
Et le feu de l’astre solaire.
Il poursuit parmi les débris
Sa si vive et joyeuse course
Et ne se met pas à l’abri
La nuit sous l’œil de la grande ourse.
Son cours est crénom de nom long
Et il avance sans fatigue,
Léger, sans semelles de plomb
Alors qu’il épuise sézigue.
Voyons s’il nous accorderait
Une trempette mignonnette
Comme au coquet chardonneret,
A la belle bergeronnette.
Nos pieds sont chauds, est froid son dos
Et son ventre est rempli de glace
Qu’il offre en guise de cadeau
A qui veut se faire une place.
Nous voici au cœur du ruisseau
Serpentant entre nos chevilles
Pareil à mille vermisseaux,
Mille civelles, mille anguilles.
Puis, tiens, las, nous nous asseyons
Et plein d’eau vient toujours derrière ;
Alors, nous nous émerveillons
Que tout son long fasse carrière ;
(Un bout de sa queue est devant
Et le restant est en arrière
Egale à un ruban de vent
Se faufilant sous la barrière)
Ah ! Vient sans fin cette bonne eau
Qu’une sœur eau dans le dos pousse
Sortie d’un seau ou d’un tonneau
Bien plus haut que la peau d’un pouce
Et maintenant, rentrons, c’est chez
Nous que l’air tous les côtés lèche
Afin gentiment de sécher
Ce plâtras blanchâtre à l’eau fraîche.
Allongeons fins et départs courts,
Laissons nos murs s’unir au plâtre
Et après un aqueux parcours
Démouillons nos pieds devant l’âtre.