L'Homme était près des cieux sur la haute falaise Et l'on sentait, là-bas, venir un grand malaise... Un peuple de fermiers marchait en mugissant Vers l'Homme tourmenté sous ses cheveux au vent !
Le mal était en eux et l'on voyait leurs piques Harceler l'au-delà d'un élan diabolique, La haine les guidait comme un flambeau dément Et dans leurs yeux dansait le regard de Satan !
Je tentai d'empêcher leur sacrilège infâme, Mais en vain je criai, car ils n'avaient plus d'âme !
Ils avançaient toujours et l'Homme renonçait, Sans défense et sans bruit, comme un oiseau blessé, Les paysans criaient : "L'imposteur est un lâche !" Et leurs crachats puants le constellaient de taches !
L'Homme venait d'ailleurs et ne comprenait pas Les coutumes du monde, il n'avait pas, je crois, De nom. Lorsqu'il était questionné, c'est étrange, Il disait simplement aux gens : "Je suis un Ange..."
"Condamnons l'hérétique !" aboya l'un des gueux, Et l'on voyait déjà leur ombre armée de pieux Dévorer l'innocent comme un démon avide Et leurs mains se presser sur lui, si près du vide !
Alors ! Il se tourna vers l'azur éclatant Et, sans pousser un cri, s'élança dans le vent, Tandis que sous mes yeux pleins de larmes amères Un oiseau rejaillit, libre, dans la lumière !
Extrait de mon premier recueil de poèmes "Les anges", publié chez Chloé des Lys . On peut se le procurer, pour un prix modique, sur le site : http://www.editionschloedeslys.be