Elle avançait sur la plage, fière comme un paon Balançant sur son épaule l’étrange trophée Qu’elle tenait au bout de son bâton. Les vagues déferlaient à ses pieds.
Qu’avait-elle fait de si répréhensible Ces pauvres bêtes qui bientôt perdraient leur tête. Elles voletaient paisiblement sur l’océan, Comme de simples volatiles.
Se méfiant du courant qui les emmenait Vers le large inexorablement. Et, elle, la jeune fille, bien jolie ma foi, Ne trouvant ni merles ni grives, avait décidé
Qu’à midi tapant, ils mangeraient des mouettes. Elle avait rabâché cela dans sa fine tête Et, n’en voulait démordre. A la maison, ils avaient le ventre vide, leur père handicapé,
ne pouvait plus faire face au manque d’argent. Elle regrettait pour les mouettes, cela ne fut pas facile Elles lui donnèrent à retordre bien du fil Mais là, sur son épaule, quatre à cinq de ses ouailles Allaient agrémenter la caille Qu’hier soir, elle avait attrapé dans les marais.