Emily, vêtue d’une robe légère, Avançait à pas lents vers le crépuscule. Elle n’avait peur d’être ridicule. Face à son destin, et à la mer.
A son cou, elle s’était parée de deux rangs de perles. A la main, un sac de jute ou de toile pendait. Les rayons du soleil pointaient vers les merles. Fleur, parmi les fleurs, elle était d’une réelle beauté.
Poète dans l’âme, elle murmurait quelques syllabes. Elle faisait rimer les mots, dans sa main un crayon. De son sac, elle tira une feuille de papier arabe. Sachant bien que les mots s’envolent en un rayon.
Je ne peux envisager que mes écrits ne restent. La lumière jaillirait dans sa tête en un éclair. Il fallait qu’elle les retienne, sacrée peste. Sa mémoire filait comme un panier percé c’est clair.
Elle avait pourtant bien les pieds sur terre. Les mots étaient des fleurs, des vers. Mais dans le fond de son cœur était la douleur. Celle de son âme sœur qui paré d’une tumeur.
Elle avait pris subitement la direction des étoiles. Et, dans l’eau de la mare, tel un miroir. Affichait maintenant son désespoir.