Croyez-vous que l'on puisse en brassant dans les coeurs Un grand morceau d'amour, quelques gouttes de science, Un peu de fantaisie et beaucoup de patience, Découvrir ce qu'on nomme : un semblant de bonheur ?
Devrons nous claironner en de tristes échos, En remous malfaisants et stupides batailles ? Quand l'âme quête aux cieux l'inaccessible étoile Est-t-il vraiment perdu le bel Eldorado ?
Je cherche juste un chemin, quelque part sur la terre, Menant à un endroit aussi grand que le monde Où les enfants, unis, formeraient une ronde Ignorant les conflits, les larmes de la guerre.
J'irai chercher demain un vallon sans colère, Des sources, des torrents mêlant leur pureté, Chausserai les roseaux de bottes de clarté Et en hymnes à la joie, je chanterai la terre !
Tous les refrains bien nés aux lèvres du matin, Je les entonnerai en cueillant du lilas, Ma muse est un oiseau qui va de-ci, de-là, Mon âme rêve d'amour et non pas de chagrin.
Oh monde, quand tu t'apaise, tout vibre à l'unisson, Le ciel est ton flambeau, le soleil ta chanson, Sous ton grand chapiteau, tout s'éclaire à la ronde.
Hommes de tous pays, bâtissez-le ce monde, Immense Eldorado aux horizons vainqueurs, Où les seuls bruits seraient des battements de coeurs.