Voici le temps venu d’un riche souvenir Ravivé par l’esprit dans la froide vieillesse. C’était un soir de bal, je vous ai vu venir Votre front blanc de lune exprimait la noblesse.
Une natte à l’épaule avivait la rousseur Coulant de votre tête en charmante cascade ; Le pas était léger, le regard de douceur Enfonçant en mes chairs une atroce estocade.
Votre corps habillé d’un fourreau d’organdi Me laissait le loisir de lire tous vos charmes : La chute callipyge et le sein arrondi. Il n’en fallut pas plus pour activer mes armes.
Je suis venu vers vous, le sourire enjôleur, L’œil brillant d’un éclat marquant ma préférence. J’ai senti le frisson et vu votre pâleur Quand l’invite a fêlé votre belle assurance.
Nous avons tournoyé pendant toute la nuit Lovés l’un contre l’autre en valses chaleureuses Oublieux des quidams dans leur profond ennui, Nous étions en voyage aux amours savoureuses.
Au matin, bienheureux, nous marchâmes rêveurs Le long du quai désert à contempler la Seine. Après, souvenez-vous, l’amour et ses saveurs Avant de m’éloigner de ce parfum verveine.
À ce jour nous trottons le regard vers les cieux Attendant de partir pour l’éternel voyage. Sachez que j’ai souffert le châtiment des Dieux De n’avoir pas tenu nos deux cœurs en partage.