Captivante, brune et sereine, Tu ressembles à un sous-bois touffu Tapissé de chèvrefeuille, Où jaillissent çà et là des gerbes de lumière. ---- Parmi la bruyère et la myrtille, Tu gambades rêveuse sur la fagne asséchée Où galopent quelques cerfs apeurés. Sous le couvert accueillant des chênes et des pins, Tes baisers prennent un goût succulent de fraise sauvage. Qu’il est doux de se caresser lentement Parmi les parfums capiteux de fougères et d’herbe sèche ! Ta langue a la couleur des lauriers de Saint-Antoine, Tes yeux sont un bouquet de pervenches épanouies. Voici qu’une coccinelle s’est posée sur ton épaule nue : Mes baisers la poursuivent doucement sans la déranger. Sur les hautes branches d’un hêtre, Quelques mésanges étonnées Contemplent nos ébats affectueux, Pleins d’une délicatesse toute spontanée. Tu as trop chaud et tu as laissé choir Ta belle chemise blanche sur la mousse olivâtre. Acérés comme des fers de lance, Tes petits seins se dressent devant moi Pour m’inviter à une joute amicale. Sous le soleil brûlant, nos embrassements Deviennent plus passionnés. La chaleur torride de la mi-août Nous a surpris enlacés parmi les genêts, Innocents des excès auxquels elle nous pousse. ---- Après cette extase, enfin apaisés et quelque peu méditatifs, Nous nous désaltérons de framboises et de mûres. Étendue, paupières closes, à l’ombre des noisetiers, Tu fleures l’origan, la menthe, la digitale; Tu te métamorphoses en fée du terroir. Après ce repos salutaire, pour te rafraîchir complètement, Tu te baignes joyeusement dans le Ninglinspô En fredonnant une vieille rengaine. ---- Dans le train, le panier de champignons bien calé sur les genoux, Tu te fais toute petite et silencieuse, Ta main serrant fort la mienne et ta tête frôlant mon épaule. Tu ressembles ostensiblement à une gentille elfe bien sage. Avec un sourire enjôleur, tu m’annonces Que tu auras encore envie d’aller te promener avec moi dans les bois Le week-end prochain, s’il fait aussi beau et si je n’y vois pas d’inconvénient. ---- Tu es la compagne dont j’ai toujours rêvé Donc reste avec moi… même en ton absence